À Blois, Benoît Hamon a tenté de convaincre l’électorat de gauche lors d’une rencontre participative organisée mardi soir. Le candidat socialiste a mis en avant une ligne politique résolument tournée vers la gauche tout en cherchant à incarner une image de modernité et de proximité avec les citoyens.
Contrairement aux meetings traditionnels, cette soirée baptisée « agora live » reposait sur un format interactif : des participants tirés au sort dans le public pouvaient poser directement leurs questions au candidat. Organisé à Blois, dans le Loir-et-Cher, l’événement a rassemblé près de 500 personnes venues échanger avec l’ancien ministre autour de sujets de société et de réformes politiques.
Pendant près d’une heure et demie, Benoît Hamon a répondu aux interrogations des participants dans une ambiance mêlant sérieux et moments plus légers. Installé face au public dans une configuration rappelant un théâtre, le candidat a abordé des thèmes majeurs de son programme comme le service public dédié aux personnes âgées, la suppression de la loi travail ou encore la fiscalité du patrimoine.
Souhaitant se démarquer sur le terrain de l’innovation démocratique, Benoît Hamon a également défendu une approche participative de la politique. Son entourage n’a pas hésité à comparer cette initiative aux meetings holographiques de Jean-Luc Mélenchon, estimant que la technologie devait avant tout servir « l’intelligence collective » plutôt qu’un simple effet de communication.
Certaines questions ont toutefois placé le candidat dans une position plus délicate, notamment sur les sujets liés à la sécurité, à la justice et aux relations entre citoyens et forces de l’ordre. Malgré des réponses détaillées, plusieurs participants ont affiché leur scepticisme, illustrant les divisions persistantes autour de ces thèmes sensibles.
Le format interactif a néanmoins permis à Benoît Hamon de défendre plus directement plusieurs mesures phares de son programme, notamment son projet de revenu universel. Répondant aux critiques sur une éventuelle « société d’assistés », il a cité l’exemple de Winnipeg, au Canada, où des expérimentations similaires auraient eu un impact limité sur l’arrêt du travail.
Au cours de cette soirée à Blois, le candidat socialiste a aussi officialisé le lancement de son « conseil citoyen », une plateforme participative destinée à enrichir son programme politique. Une quarantaine de citoyens tirés au sort auront pour mission de proposer des mesures qui pourront être intégrées à son projet présidentiel.
Avec cette initiative, Benoît Hamon cherche à renforcer son image de candidat participatif et moderne, dans une campagne présidentielle marquée par la multiplication des dispositifs collaboratifs et des nouvelles formes de dialogue entre responsables politiques et citoyens.